She.

Publié le par Leya

Dead_Fish_by_complejo.jpg
7h16.
Elle ferma la porte pour se diriger vers son arrêt de bus. Ses yeux avaient déjà commencé à se remplir de ce néant incompréhensible. Elle entra dans son bus et comme tous les matins, détestait les gens à l'intérieur. Puis elle en sortit, s'emmitoufla dans son gros manteau et continua de marcher. Plus elle marchait, plus elle perdait ses forces. Elle marchait lentement, comme si elle était malade. Comme tous les matins, elle se perdait dans la ville où elle habitait. Parce que, depuis des mois, elle semblait ne plus la reconnaître. Elle avait perdu la notion des lieux. Arrivée au lycée, elle se contentait de parler aux gens, avec ces petits mots du matin "Hmph", "oui",... Mais ,à rien ne sert de pleurer, elle le savait. 

Et la journée passait.
Une journée de moins,
dans sa pauvre vie de merde.
17h19.
 
Alors qu'elle était avec ceux qui égaient inconsidérablement sa misérable existence, il arriva. Vous savez, lui, celui auquel elle ne doit pas penser, mais celui duquel elle rêve la nuit, celui pour qui elle recommence à pleurer doucement quand personne n'est là. Elle le savait, mais fut surprise de le voir. Comme toujours. Et là commença un doux supplice. Le voir devant elle, sans rien à lui dire, sans regard à lui lancer. Alors elle se perdait dans ces mots, parlait fort, tremblait, sautait partout... Elle avait mal dans sa tête, mal au fin-fond de son coeur. Et vint le moment de dire au revoir. Une dizaine de mots échangés, et les voilà séparés. Encore un fois. Alors elle prit la route pour rentrer chez elle. Et Homesick de The Cure criait, la millième fois de la semaine, au moins. Et les larmes revinrent. Sans prévenir. Ses yeux, ils étaient gonflés, énormes... Oui, trop gros pour elle.

Et c'est dans ses yeux tristes
que je crus apercevoir la torture qu'elle s'infligeait.
Sans réellement qu'elle le veuille.

pic by complejo.
Publicité

Publié dans Leya's life*

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article