Nan, rien.
Justement, y a rien. Y a rien qui fait bouger mes journées, ces temps-ci, y a ... rien. Si, Benoit. Mais, Benoit, on en parle pas, on sait qu'il existe, vous le savez, et j'ai trop de respect et d'amour pour lui pour le placer a chacune de mes lignes. Vous n'avez pas le droit de le connaître, tout simplement. Ce serait trop d'honneur pour vous. Donc, ces journées sont d'une monotonie déroutante (quand il n'est pas là). Je me réveille, quoi, vers onze heures, je ne mange pas, le midi, je mange ce qu'il faut, je fais des cookies car je vois que l'ennui me fait les yeux, doux, sans savoir que faire des cookies ça dure ... quinze minutes. Je passe mon après-midi sur Opera (le navigateur internet de ma Wii) à parler sur MSN, parce que l'ordi ne me sera allumé que deux heures le soir, je reste couchée là, en pyjama, sur le clic-clac que j'avais déplié pour être confortablement installée avec Benoit, à m'entraîner à taper vite les lettres sur ma Wii, comme une débile, constatant mille fois bêtement que personne n'est sur MSN, mais y rester, y rester, passer deux heures et demie au téléphone avec Benoit, aller mettre The Corrs, chanter comme une casserole, être nostalgique, un peu trop. Puis, vingt-et-une heures arrivent, je prends l'ordi, deux heures de parlotte, deux heures de musique, deux heures de retouches photo, deux heures de bloggage, et peut-être, avec de la chance, deux heures amusantes ... Routine déplaisante pour une fille de quatorze ans.Ruth, Nate, David et Claire mettaient de la joie dans cette routine.
A leur façon.
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