Hey, I'll pay you to cut me out.
Un an que cette foutue connerie incertaine dure... C'est bizarre, je n'ai pas vu le temps passer. Etait-ce hier? J'en ai presque l'impression. Il y a un an je rencontrai celui qui serait censé changer ma vie. Celui que j'appelais "l'Homme de ma Vie, le vrai pour une fois", dont le nom était écrit mille fois dans les marges de mes cahiers. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il allait m'arriver avec lui, pensant que ça allait mourir dans l'oeuf, comme tous les "Hommes de ma vie" que je m'étais trouvés auparavant. Mais je sentais quelque chose. Un truc. Je ne lui trouvais rien. Et c'était bien ça. Il avait ce truc géant sans que je puisse voir ce que c'était. Je ne le trouvais même pas beau. Toujours les cheveux devant les yeux (qui d'ailleurs semblaient toujours pleurer), cette façon atroce de se tenir, sa timidité, son mutisme. Il n'avait rien pour plaire mais est devenu, en l'espace d'un mois, le centre de mon monde. Tout cela m'a paru étrange, et, emplie de ma si faible estime de moi, j'étais sûre qu'il allait me passer sous le nez, comme tous les autres. Mais non, le 23 mai, il était bien là, et j'ai mis des semaines à m'en rendre compte. Tout ça c'était il y a presque un an, et pourtant ça me paraît si proche... S'il était encore là, soyez sûrs que ça ne m'aurait pas dérangée,... Vous pouvez comprendre que j'ai le cafard, entendre mes petits cris étouffés contre mon oreiller, voir mes larmes couler en cascades tant que vous le voulez, tant que vous le pouvez. Parce que, si vous regardiez au fond de mes yeux, c'est à ça que vous assisteriez.
A mon éternelle dégringolade.
A mon éternelle dégringolade.
Je parle trop de Benoît.
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